SP63011 le 18.01.1945,
Ma chère petite femme et gentils petits enfants,
Trois lettres hier soir de ma chérie, du 2, 7 et 8, une de Labèque, de Dubois et une de Castres. Tu me relates les tours de notre fiston et la fille s’en fatigue, ce doit être un lion ce fils pour nous fatiguer à ce point.
Quand le verrai-je bon sang. Laporte et le polonais sont arrivés en perm, tas de veinards, nous ça n’ira sûrement pas si vite. Sur ta lettre du sept tu aurais deux malades, un gros rhume, il vaut mieux qu’une bronchite pauvres petits enfants. Tu les auras soignés énergiquement comme toujours n’est-ce pas ma chérie. Jean-Pierre ne se laisse pas soigner comme Nicole, c’est que tu as un homme et non une … Nicole est fatiguée et elle maigrit, elle est très souvent dérangée notre fille.
Tu as reçu mon colis envoyé d’Alger, je suis bien content, il sera arrivé 6 jours après les fêtes, tant pis, j’avais peur qu’il n’arrive pas. Le fils joue aux quilles seulement il n’y avait qu’une boule, c’est dommage, Nicole était contente aussi et tu aurais déjà essayé la poudre à récurer, tu n’en trouvais plus là-bas.
Portelette, c’est un fainéant pour écrire et Chaillet n’écrit plus non plus, cela m’étonne beaucoup.
Il fait froid aussi en Afrique, j’ai vu sur le journal, 2m50 de neige aux environs d’Alger et la vague est passée par Ouezzane, les deux derniers jours il gèle moins fort, le temps va sûrement changer.
J’ai reçu également une réponse de mon passeur de 1941. Je vais lui répondre et te l’envoyer, tu ne l’as pas encore fait ma chérie, ce n’est pas bien.
Ton petite mari et papa qui vous aime et vous embrasse bien tendrement.
René