Les groupes F.T.A. (Forces Terrestres Aériennes) ont été formés par les régiments de D.C.A. d’Afrique du Nord.
Plusieurs groupes, 2 ou 3, forment les F.T.A. d’une division et sont commandés par un colonel.
Le groupe comprend 4 batteries de tir numérotées A, B, C, D et une batterie E.M. (Etat Major).
Le groupe est autonome et a son parc régimentaire.
C’est toute l’organisation qui est retenue pour les Groupes des FTA françaises qui sont formés en AFN (Afrique du Nord). Ils sont progressivement organisés à l’américaine et dotés d’armements et de munitions fournis par les États-Unis et par le Royaume Uni (les Groupes de 90 français seront dépourvus de radars de conduite de tir SCR-584 jusqu’en 1945, faute d’approvisionnement disponible). Les personnels des nouvelles FTA proviennent des anciens Groupements de DAT mais ce sont aussi des réservistes, des évadés de France, des volontaires venus des colonies.
Fin 1942, les premiers matériels de quatre batteries antiaériennes sont livrés par les Alliés aux Français ; ce sont ensuite ceux de quatre Groupes lourds, en juin 1943, puis suivent d’autres équipements. Tandis que des officiers français sont envoyés se former aux États-Unis, des centres d’instruction technique sont montés dans les Divisions françaises nouvellement créées. De mars à août 1943, au Maroc, le Groupement de DCA-DAT 410 met sur pied diverses unités de FTA et devient, le 1er août 1944, le Groupement de FTA 410 à Marrakech, à deux Groupes. Le 1er octobre 1943, notamment à des fins d’instruction du personnel, le Centre d’organisation des FTA n° 30 (COFTA 30) est créé à Alger. Les FTA françaises renaissantes sont réparties entre artillerie métropolitaine, artillerie d’Afrique et artillerie coloniale. Tous les Groupes de FTA créés forment Corps ; c’est la raison pour laquelle ils sont identifiés le plus souvent comme étant des "Groupes autonomes" de FTA (GAFTA). Ils comprennent une batterie de commandement et des services (BCS, appelée batterie E) et quatre batteries de tir (désignées par les lettres A, B, C, D).
Les GAFTA sont numérotés et spécialisés comme suit :
- Les Groupes n° 11 à 17 (dont le 13ème Groupe autonome colonial de FTA, créé en août 1944) sont des formations d’artillerie lourde équipées du canon de 90 mm US, placées en réserve générale (RG) au niveau Armée au sein duquel certains effectueront le débarquement de Provence puis les campagnes de France et d’Allemagne.
- Les Groupes d’artillerie légère qui sont créés (un par Division, plusieurs en réserve générale) reçoivent des canons tractés Bofors de 40mm et des mitrailleuses de 12,7 montées sur camion GMC. Ils sont numérotés de 21 à 41, quelle que soit leur appartenance (artillerie métropolitaine, artillerie d’Afrique et quatre dans l’artillerie coloniale).
Ces FTA françaises vont activement participer de la Reconquête du territoire national.
Le temps nécessaire à l’entraînement de ses unités avec les matériels américains retarde l’envoi en Italie du Corps Expéditionnaire Français, placé sous l’autorité du général Juin et intégré à la V° armée américaine du général Clark.
Artillerie antiaérienne légère (40 Bofors) des Divisions :
- 4ème DMM : 33ème GAFTA
- 2ème DIM : 41ème Groupe colonial de FTA
- 3ème DIA : 37ème GAFTA
- 1ère DIM/1ère DFL : 21ème Groupe colonial antillais de DCA
Débarquement en Provence
En juillet 1944, le Corps expéditionnaire français (CEF) d’Italie est dissous et ses troupes passent sous le commandement du général de Lattre de Tassigny pour former le plus gros de l’Armée "B" dont les forces participent au débarquement de Provence, en août 1944. C’est l’opération « Anvil-Dragoon ».
Les douze Groupes de FTA dont dispose l’Armée B sont les suivants :
. Provenant du CEF et qui ont libéré l’Italie :
- à la 1ère division Française Libre (1°Division d’infanterie motorisée) : le 21°GCDCA8,
- à la 2ème division d’infanterie marocaine : le 41° GCFTA.
- à la 3ème division d’infanterie algérienne : le 37° GAFTA.
- à la 4ème division marocaine de montagne : le 33° GAFTA (affectation du grand père).
- En réserve générale du CEF : un groupe lourd : le 17° GAFTA, quatre antiaériens légers : les 23°, 32°, 34° et 40° GCFTA.
Les hommes : - 1 capitaine
- 1 lieutenant adjoint
- 2 sous lieutenants (chef de section)
- 2 adjudants chef ou adjudants (dont un faisant fonction d’OD)
- 1 comptable sous-officier
- 1 sous-officier essence et munitions
- 1 sous-officier mécanicien artillerie
- 1 sous-officier mécanicien auto
- 1 sous-officier transmission
- 2 sous-officiers adjoints ou chef de section
- 8 sous-officiers chefs de pièces
Au total 180 hommes y compris les 4 officiers.
Matériel : - 8 canons de 40mm
- 8 mitrailleuses à eau de 12.7mm
- 4 mitrailleuses à air de 12.7mm montées GMC
- 8 rockets guns
- 20 GMC dont 4 avec tourelle de mitrailleuse de 12.7mm
- 12 remorques de 1t
- 2 Dodges
- 2 jeeps
- 1 command car
Armement individuel : - mitraillettes pour chauffeurs de voitures légères
- revolvers pour sous-officiers et officiers
La section : - un chef de section aspirant ou sous-lieutenant comprend 4 canons très éloignés les uns des autres, quelques fois 3kms.
- un sous-officier adjoint seconde le chef de section, ce dernier à une jeep à sa disposition.
La pièce est commandée par un sous-officier et est servie par 2 brigadiers et 13 servants.
2 GMC sont utilisés par pièce :
- 1 GMC transporte les munitions, les tubes de rechange, les accessoires et tracte le canon.
- 1 GMC pour le PC, la génératrice, la mitrailleuse de 12.7mm en position de tir et les servants. Dans la remorque sont logés les paquetages des hommes.
Côté tactique, sur route, les mitrailleuses à eau ainsi que celles montées sur les tourelles des GMC assurent la défense du convoi. Le canon peut également faire du tir sur roues. Pendant la mise en batterie du canon (environ 1mn) c’est la mitrailleuse montée sur le GMC qui assure la défense du ciel puis le canon étant en batterie, la mitrailleuse est placée de façon à tirer dans les angles morts de la pièce.