La Seconde Guerre mondiale, un conflit qui a secoué le monde entier de 1939 à 1945, a été marquée par de nombreuses campagnes militaires qui ont changé le cours de l’histoire. Parmi elles, les campagnes d’Italie et de France ont été des moments décisifs, impliquant des soldats courageux de divers pays, dont le Corps Expéditionnaire Français. Mon grand-père, René Duval, un de ces braves soldats, a participé à ces campagnes, laissant une empreinte indélébile non seulement dans l’histoire, mais aussi dans notre héritage familial.
Dans ce contexte tumultueux, une femme courageuse nommée Marie-Thérèse a entrepris un voyage épique à travers la France occupée. Voici son histoire.
Elle a quitté Angevillers avec Nicole sa fille, dès la déclaration de guerre en septembre 1939. René était alors affecté sur la Ligne Maginot à Hettange-Grande. Elles se sont rendues à Paris chez les parents Malherbe pour déposer Nicole. Marie-Thérèse est alors retournée seule à Angevillers jusqu’à l’emprisonnement de René, son mari, en juillet 1940. Elle donc a organisé le déménagement, aidée du tracteur d’un agriculteur du coin qui l’a déposée avec ses affaires à la gare de Thionville via Paris puis Feuquières dans l’Oise.
Marie-Thérèse a loué une ferme dans le village de ses grands-parents Malherbe (parents d’Alfred). Les allemands en traversant Feuquières, lui ont demandé le chemin « nach Paris », elle leur a répondu qu’elle ne savait pas !!!!
René s’est évadé le 14 février 1941 et a rejoint un poste militaire dans la zone libre près de Limoges. Il a confié une lettre à un gendarme qui passait en zone occupée pour la remettre à Marie-Thérèse. Mais cette lettre est restée un moment « poste restante » si bien que lorsqu’elle l’a reçue, il fallait rejoindre rapidement René à un certain endroit, à une date précise.
Marie-Thérèse et Nicole ont quitté leur famille précipitamment. (La famille restée à Feuquières n’aura plus de nouvelle avant le retour de René en France en 1945).
Après un voyage en train, elles se sont retrouvées proche de la ligne de démarcation. Nicole a été confiée à un passeur qui travaillait de l’autre côté de la ligne de démarcation. Marie-Thérèse de son côté devait prendre la route avec un homme de 60 ans, ils devaient se faire passer pour des amoureux.
(Nicole rencontrera un soldat allemand qui s’adressera à elle en lui touchant les cheveux et lui disant « schön, schön, comme chez nous », si elle avait prononcé un mot allemand, ils étaient perdus…).
Tandis que Marie-Thérèse passa une nuit dans une grange avec « son amoureux ».
Finalement tout s’est passé sans encombre, elles ont retrouvé, en zone libre, René qui avait eu le temps de trouver de quoi se loger en Haute-Vienne à Taillac au nord de Limoges. Se trouvaient déjà sur place des membres de la famille DUVAL, comme la tante Marie de Kirch et ses enfants ainsi qu’oncle Lucien de Metz avec ses fils. Ils purent profiter pleinement des retrouvailles avant d’embarquer le 22 juin 1941 à Port Vendres sur le dernier bateau qui quittait la France à destination d’Oran en Algérie.
Le voyage vers l’Afrique du Nord n’était pas moins périlleux. Ils ont dû traverser la Méditerranée, souvent infestée de sous-marins et de navires de guerre ennemis. Finalement, ils ont réussi à atteindre l’Afrique du Nord.
Marie-Thérèse, René et Nicole ont passé plusieurs années à Ouezzane, au Maroc, où ils ont vécu une vie relativement paisible malgré les circonstances.
En effet, arrivé à Oran le 24 juin 1941, René a été incorporé dans l’armée d'Afrique en août et jusqu’en 1944. Il a reçu une formation militaire afin d’être préparé au débarquement en Europe, à Naples, précisément en mars 1944.
Ils ont formé une communauté étroite avec les autres familles françaises qui avaient également fui la guerre en France. Pendant cette période, Marie-Thérèse et René ont eu un deuxième enfant, Jean-Pierre, né le 19 janvier 1943.
À la fin de la guerre, Marie-Thérèse, sa fille Nicole et son fils Jean-Pierre sont retournés en France à bord d’une forteresse volante américaine. Leur retour a marqué la fin d’un chapitre difficile de leur vie, mais aussi le début d’un nouveau départ. L’histoire de Marie-Thérèse est un bel exemple de la force de caractère de certaines femmes face à l’adversité. Sa détermination à protéger sa famille et à rejoindre son mari, malgré les dangers et les difficultés, restera une source d’inspiration pour nous tous. Même dans les moments les plus sombres, l’espoir et le courage nous aident à surmonter les obstacles.
Marie-Thérèse et ses enfants représentaient, sans doute, une motivation majeure pour mon grand-père, un rappel constant de ce pour quoi il se battait et de ce qui l’attendait à la maison.
Ce document retrace le parcours de René à travers ses campagnes. Pour comprendre les épreuves qu’il a traversées. Et rendre hommage à son courage et à sa résilience. En plongeant dans les archives, les lettres et les souvenirs, je souhaite donner vie à son histoire, pour honorer sa mémoire et pour que les générations futures comprennent les sacrifices qu’il a dû faire.