Thionville, le 12.09.1935
Ma petite femme chérie,
Mon amour j’ai reçu ta grande et belle lettre hier matin avec un suprême plaisir mais j’ai cru comprendre que je ne recevrai une autre lettre le lendemain avec le catalogue des fourneaux et je n’ai rien reçu c’est pour cela que j’ai attendu aujourd’hui pour te répondre, tu m’excuseras n’est-ce pas mon amour.
Eh ! un conseil, tu veux bien surligner 1ère Batterie sur tes lettres car un René DUVAL à la 2è Batterie qui m’a déjà ouvert une lettre, heureusement elle n’était pas à toi, tu vois pas que ce bleu ouvre tes lettres. Je n’ai pu voir ta mère hier pour la seule raison c’est que j’étais de nouveau de service et qu’il n’y avait personne pour me remplacer cela ne fait rien tu lui diras toi-même et j’espère qu’elle ne refusera pas.
Chérie tu ne m’as pas dit si tu avais reçu ma carte et tu reliras ma dernière lettre car tu ne m’as pas répondu sur tout ce que je t’ai demandé, merci.
J’attends la réponse mon amour, tu dois grossir si tu te fais des plats aussi fins, tu as raison et continues tant que le chemin est beau. Tu me parles d’une affaire ma chérie tu es gentille et je te laisse libre de faire ce que tu voudras mais ne te laisse pas duper et attention au port et au frais. Si tu le trouves beau et s’il ne brûle pas du charbon spécial, tu le prendras à ta façon mais tâche qu’il brûle ce que nous aurons, c’est le principal.
Pour le placer en attendant ne crois-tu pas qu’il vaudrait mieux le placer le plus près de THIONVILLE, alors chez ta tante Alice de THIONVILLE ou si tu ne veux pas chez mon frère Edouard. C’est entendu, tu feras comme tu voudras moi je serai content d’avoir une cuisinière à ton goût merci. Ma petite femme j’ai encore fait un de ces rêves et je te dirai comme il s’est passé quand je te verrai dans 3 semaines.
C’est bientôt la fête à MARANGE j’espère y aller, j’ai une permission, tu me dis que je m’amuse avec mes nièces et s’ils ne veulent pas je ne pourrai donc pas m’amuser. Tu ne sais pas ce que je ferai, je prendrai toutes tes lettres 120 environ et je les relirai toutes dans une petite prairie, couché sur l’herbe avec le soleil pour témoin. Tu sais mon amour que c’est du 57 demain matin et après la belle vie. Diable ce que j’y pense et m’ennuie. Ma demande est partie au Général à METZ voilà 4 jours, je ne sais pas quand elle reviendra.
Chérie et adorée petite femme je t’envoie cette carte c’est pour m’en débarrasser cela fait longtemps que je l’ai dans mes archives. J’espère qu’elle te fera grand plaisir et sérieusement tu me renverras le cœur que tu voudras, merci mon grand amour à moi seul.
Ton petit mari qui t’aime t’adore et pense souvent à toi
Bons baisers
René
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